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Turin Brakes

Olly Knights et Gale Paridjanian, les deux anglais derrière le mystérieux nom de Turin Brakes, sont inséparables depuis leur plus tendre enfance. Leur première guitare date de l'école primaire. Ils se sont fait jeter de leur chorale à cause de leur amour pour le hip-hop. Depuis ils ont fait beaucoup de chemin, puisqu'ils triomphent avec un magnifique album, délicieusement acoustique : " The Optimist Lp ".
Entretien intime avec l'incomparable et touchante voix de Turin Brakes, Olly Knights


Les paroles de votre album sont plutôt tristes. Pourquoi l'avoir appelé " The Optimist LP " ?

Je pense qu'on l'a appelé The Optimist car même si les paroles sont tristes, il s'agit d'essayer de trouver le côté positif malgré tout, donc " The Optimist LP " était le nom approprié pour l'album.

Quels sont les thèmes que vous préférez traiter dans vos chansons ?

Des thèmes angoissants, des thèmes qui vous réveillent la nuit, qui vous empêchent de dormir, qui vous font errer dans la journée en vous sentant complètement perdu. Ce n'est pas ce qu'il y a de plus facile. On n'écrit jamais rien sur les journées ensoleillées où tout va pour le mieux car si tout va bien et le soleil brille, on n'a pas besoin d'écrire une chanson, on n'a qu'à sortir et s'amuser.

Etes-vous d'accord lorsque l'on dit que vous faites de la " bedroom music " ?

Non. Je ne sais pas ce qu'est la " bedroom music ". Tout peut être de la musique de chambre. Je ne sais pas ce que ça signifie.

Donc vous ne pensez pas que le concert de ce soir sera comme une chambre géante ?

Ça peut l'être. Si vous voulez que ça le soit, ça peut l'être. Je pense que ce sera plus un rock show.

La musique était-elle ton seul centre d'intérêt quand tu étais petit ou avais-tu également du temps pour le foot et les jeux vidéo ?

J'étais plutôt normal. J'aimais le football, les jeux vidéo et la guitare. J'aimais ces trois choses. J'avais le temps pour les trois, j'avais tout le temps du monde quand j'étais petit.

Est-ce vrai que vous avez été virés d'une chorale car vous faisiez du break-dance ?

Oui !

Vous intéressiez vous à la culture hip-hop ?

Oui. On a grandi dedans. Tous mes amis étaient massivement dans le hip-hop. A un moment de ma vie c'était tout ce que j'écoutais : Public Enemy, NWA…

Vous avez signé sur le label français Source. Que pensez-vous de notre pays ?

Hey ! On m'y a donné une carrière alors je suis très content de la France (rires).

Vous aimez la façon dont le public français réagit à votre musique ?

Oui. Ils écoutent vraiment les chansons et si vous avez bien travaillé, ils vous le rendent bien. C'est un des publics les plus difficiles mais si vous jouez correctement, si vous le faites bien, c'est aussi le plus passionné. Il est très bien mais très effrayant.

Votre musique ne sonne pas très british. Vous sentez-vous proches des groupes de votre pays ou plutôt des artistes américains ?

On a grandi avec la rock music américaine et principalement avec la culture américaine. Tous les groupes : Nirvana, Pearl Jam… Les classiques américains du rock. Dans un sens je me sens très anglais mais dans le monde actuel je me sens très ouvert à toute l'Europe. Je ne me sens pas seulement anglais ou seulement français ou quoi que ce soit. Je me sens très ouvert à tout.

Comment expliquez-vous votre succès ? Pensez-vous que les gens en avaient marre de la musique électronique ?

Les gens essayent de l'expliquer par la mode. Je pense que si vous écrivez de bonnes chansons, elles trouvent leur public. C'est tout ce qu'on a fait. C'est quelque chose de très démodé ce qu'on a fait : Ecrire des chansons sur notre façon de voir le monde et les gens ont accroché.

Justement, que pensez-vous de l'electro ?

J'adore ! On écoute de l'ambient music tout le temps, on écoute de l'electro… On écoute de la bonne musique, peu importe qu'elle soit électronique, acoustique, rock ou quoi que ce soit d'autre. On écoute un tas de choses différentes.

Gale et toi vous connaissez depuis des années. Pourrais-tu faire de la musique avec quelqu'un d'autre ?

Oh oui ! On fait tous les deux de la musique de notre côté, parfois cela devient du Turin Brakes et parfois non. On pourrait facilement faire de la musique avec d'autres personnes mais on a choisi d'en faire l'un avec l'autre. Cela peut paraître dur mais c'est tellement magique quand on fait de la musique ensemble.

Tu as étudié dans une école de cinéma. As-tu pensé à ce moment à te consacrer au cinéma ?

Oui, j'aurais aimé. Pour moi, nos chansons c'est du cinéma. Elles parlent des mêmes choses dont je parlais quand je faisais du cinéma. Elles sont bâties sur la même base. Quand on a fait l'album, on a fait 12 films, c'est ainsi qu'on l'a ressenti.

Quel genre de films aimez-vous ?

J'adore David Lynch et les road movies qui, comme genre, est le meilleur qui existe. J'aime les films avec des personnages perdus errant dans la nature. Ce sont les meilleurs.

Avez-vous le temps d'écouter de nouveaux groupes ? Comme Travis dont vous faites la première partie ce soir ?

Je n'aime pas vraiment Travis. On joue avec eux ce soir mais c'est comme ça que les choses marchent. Ils pensent qu'on les aime bien. On les respecte, mais ils ne sont pas pour moi, ils sont pour un autre public. Elbow et I Am Kloot sont les meilleurs groupes en Angleterre maintenant, en dehors de Turin Brakes. (rires)
Aux Etats-Unis les White Stripes sont assez cool, mais il n'y a aucun américain qui m'excite autant qu'Elbow ou I Am Kloot, surtout Elbow qui est à mon avis le futur de la musique britannique. Si vous appréciez Radiohead, écoutez Elbow.

Quels sont vos plans ?

On a une tournée en Angleterre et ensuite on prendra des vacances. On tourne depuis un an et demi. Après cela nous ferons le prochain disque qui sera… étonnant. (Ton mystérieux).

Ce deuxième album sera dans le même style ?

Si " The Optimist " était le début du film, le prochain sera le milieu.

Par Val M.

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